Partenariat Cange · Niveau IH40 ans de mission · EDUSC ↔ Haïti
Diocèse Épiscopal de la Caroline du Sud Supérieure
Partenariat Cange—Haïti
Quatre décennies de mission partagée sur le Plateau Central, racontées en français pour les élèves de niveau intermédiaire avancé.
Lecture · 9 sections2 activitésD'après Harold G. Morse, M.D.
À toi, élève
Lis les sections dans l'ordre. Clique sur les mots soulignés pour voir le sens. Utilise le bouton 🔊 pour écouter le texte. Ensuite, fais les deux activités à la fin pour montrer ce que tu as compris.
Objectifs
Comprendre les actions concrètes du diocèse à Cange. Les classer par domaine. Lier chaque problème à sa solution. Tu travailleras la lecture, le vocabulaire, et l'analyse.
Thèmes IB
Cette histoire touche plusieurs thèmes du programme :
Partage de la planèteOrganisation socialeIngéniosité humaine
I
Introduction
Deux régions, une histoire partagée
40 ans de mission · 1979 → aujourd'hui
Le diocèse épiscopal de la Caroline du Sud supérieure célèbre 40 ans de partenariat avec la communauté de Cange, un village au centre d'Haïti. Mais avant de raconter cette histoire, il faut comprendre que la Caroline du Sud et Haïti ont beaucoup en commun.
Les deux régions ont été colonisées au 17e et 18e siècle. Elles ont obtenu leur indépendance à seulement 28 ans d'écart : 1776 pour les États-Unis, 1804 pour Haïti. Surtout, les deux pays ont un passé d'esclavage. Beaucoup d'Africains ont été emmenés de force pour travailler la terre. Port-au-Prince et Charleston avaient deux des plus grands marchés d'esclaves du Nouveau Monde.
L'Église épiscopale haïtienne a été fondée en 1861 par un missionnaire afro-américain, deux ans avant la Proclamation d'émancipation signée par le président Lincoln. Nos liens sont historiques, complexes, et profonds.
Première église de Cange — 1985
II
Les débuts
Une rencontre à Port-au-Prince
1979 · Port-au-Prince → Plateau Central
Père Fritz Valdema, Madame Yolande Lafontant et Père Lafontant — 1981
Tout commence en 1979 par une rencontre. L'évêque William A. Beckham, jeune évêque sud-carolinien, est en visite à Port-au-Prince pour une réunion de la Chambre des évêques. L'évêque haïtien Garnier ne sait pas comment occuper son invité, alors il le confie à un jeune prêtre du même âge : le Père Fritz Lafontant.
Les deux hommes prennent la route nationale 3 vers le Plateau Central. Leur amitié est immédiate, forte, et durera toute la vie.
Le Père Lafontant veut montrer à son nouvel ami un endroit particulièrement pauvre. Dans les années 1950, le président Duvalier a fait construire le barrage de Péligre sur la rivière Artibonite. Ce barrage a apporté de l'électricité à Port-au-Prince et Mirebalais. Mais il a aussi inondé les meilleures terres agricoles. Des centaines de familles paysannes ont tout perdu. Elles se sont installées sur les pentes rocheuses au-dessus du lac : c'est le village de Cange.
En 1979 à Cange, la mortalité infantile dépasse 50 %. L'espérance de vie est inférieure à 50 ans. Les enfants meurent souvent de diarrhées et de typhoïde. Pour avoir de l'eau, les familles descendent un sentier de 800 pieds (240 mètres) jusqu'à une source près du lac.
Pourtant, malgré ces conditions, les habitants ont déjà créé une école en plein air pour leurs enfants. Les deux prêtres sont touchés par leur courage. Ils décident d'agir.
III
Eau Cange
Une solution ingénieuse pour 800 pieds
1979 → 1984 · Première campagne
De retour en Caroline du Sud, l'évêque Beckham raconte ce qu'il a vu à ses paroissiens. L'accès à l'eau potable devient la priorité. Une équipe d'ingénieurs de Greenville, dirigée par Pierce Williams et John Page, vient à Cange pour étudier le problème.
Ils trouvent une solution ingénieuse. Ils vont :
Le système hydraulique de Cange
Capter la source en bas de la pente
Utiliser sa force pour faire tourner une turbine
Cette turbine fait fonctionner une pompe à piston
La pompe envoie l'eau 800 pieds plus haut, jusqu'à une citerne dans le village
Le diocèse lance la campagne « Water Cange » pour financer le projet. L'objectif est de 500 000 dollars. Les paroisses répondent avec enthousiasme et l'objectif est rapidement dépassé. Avec ces fonds, on construit aussi une école primaire et les fondations d'une église épiscopale.
En 1984, cinq ans après la première rencontre Lafontant-Beckham, l'eau, l'école, et l'église sont inaugurées et bénies !
Le premier jour de l'eau courante — 1985Lac Péligre, 2e plus grand lac d'Haïti — 1954
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IV
Missions médicales
Cliniques sous les arbres
Années 1980 · L'arrivée de Paul Farmer
Clinique médicale sous les arbres — vers 1981
Beaucoup de visiteurs décrivent leur séjour à Cange comme une expérience qui change leur vie. De retour aux États-Unis, ils organisent des « voyages de travail médicaux ». Médecins, infirmiers, et bénévoles apportent du matériel de diagnostic et des médicaments essentiels pour soigner les maladies infectieuses, les déficiences nutritionnelles, et les besoins de soins primaires.
Les premières cliniques se font dans des conditions très simples : sur les bancs de l'école, sur les bureaux, et même sur l'autel de l'église pour examiner les patients !
Pendant ces premières visites, l'équipe rencontre un jeune étudiant en médecine de Harvard : Paul Farmer. Il est fasciné par Haïti. Comme il prépare un MD-PhD en anthropologie médicale, il convainc son directeur de le laisser passer la moitié de chaque année à Cange.
C'est ici, à Cange, que Paul Farmer développe ses modèles de soins basés sur les agents de santé communautaires. Ces modèles seront ensuite utilisés partout dans le monde.
L'année où Paul Farmer fonde Partners in Health à Boston, le diocèse fonde le Partnership Cange Endowment à Columbia.
V
L'hôpital et le Pavillon des Enfants
Du sol en terre à un vrai hôpital
1995 · Hôpital Bon Sauveur inauguré
Maintenant que Paul Farmer habite à Cange six mois par an, le besoin d'un vrai hôpital devient évident. À cette époque, les soins hospitaliers sont seulement disponibles pour les Haïtiens riches qui peuvent payer d'avance. Les paysans du Plateau Central n'ont pas d'autre choix que de venir à Cange.
Souvent, les médecins doivent soigner les patients très malades sur des nattes posées sur le sol en terre de la clinique. Le rêve d'un hôpital naît.
L'évêque Beckham lance une deuxième campagne avec un objectif de 1 million de dollars pour un hôpital avec un Pavillon des Enfants. Encore une fois, l'objectif est dépassé.
L'inauguration de l'hôpital en 1995 est une grande cérémonie avec quatre évêques présents : l'évêque haïtien Luc Garnier (à la retraite) et son successeur Zaché Duracin, ainsi que l'évêque Beckham et son successeur Dorsey Henderson.
Pendant les 20 années suivantes, l'Hôpital Bon Sauveur devient le meilleur hôpital du Plateau Central et l'un des meilleurs du pays. Des patients viennent même de Port-au-Prince pour s'y faire soigner. Pendant ces années, les voyages médicaux se concentrent sur la chirurgie et l'amélioration des installations.
Tout ce travail continue sous le regard attentif et bienveillant de la famille Lafontant. Le Père Fritz et sa femme Yolande passent maintenant beaucoup de temps à Cange, et leur fille Marie Flore commence à prendre un rôle plus actif.
Ingénieurs installant le système d'eau — 1985
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VI
La campagne pour le pain et l'eau
Une école professionnelle, un système d'eau renouvelé
2006 → 2009 · Deuxième campagne d'infrastructure
Père Lafontant à l'autel — 2008Lac Péligre, vu depuis Cange
Pendant les années 1990, l'école de Cange grandit. Elle ajoute des classes de niveau secondaire jusqu'au baccalauréat. Mais quand les jeunes diplômés cherchent du travail, ils ne trouvent rien. Le Père Lafontant approche alors le diocèse avec un nouveau rêve : une école professionnelle.
Au début du 21e siècle, la population de Cange a beaucoup augmenté. Le beau système d'eau de 1984 est trop vieux et ne suffit plus. La route nationale 3 est en mauvais état. L'Union européenne donne une subvention pour la paver, mais cela menace les tuyaux d'eau qui passent dessous.
Les ingénieurs d'Atlanta et de Clemson University étudient le problème. Ils découvrent deux choses graves :
Diagnostic des ingénieurs
La turbine, en service continu depuis plus de 20 ans, a dépassé sa durée de vie
Le barrage en terre n'a pas été creusé jusqu'à la couche d'argile et n'est pas assez solide
En 2006, le diocèse lance la « Campagne pour le Pain et l'Eau » avec un objectif de 2 millions de dollars. Malgré la crise économique de 2008, l'objectif est dépassé et le projet est terminé en 2009.
En coordination avec l'équipe italienne qui pave la route, les nouveaux tuyaux sont placés en sécurité dans la chaussée. Deux nouvelles citernes sont construites dans le village. Un nouveau barrage est creusé jusqu'à la couche d'argile. Deux nouvelles unités turbine-piston permettent de faire des réparations sans couper l'eau.
L'école professionnelle, le Centre de Formation Fritz Lafontant (CFFL), ouvre à Corporant en 2009. Cette époque voit aussi naître Clemson Engineers for Developing Countries (CEDC), une organisation d'ingénieurs étudiants née à Cange.
VII
Le séisme
12 janvier 2010, 17 heures
2010 · Magnitude 7,0 · Épicentre près de Port-au-Prince
Mardi 12 janvier 2010, à 17 heures, un séisme catastrophique de magnitude 7,0 frappe Haïti. L'épicentre est à seulement 24 kilomètres de Port-au-Prince. Environ 250 000 personnes meurent. Beaucoup d'autres sont gravement blessées.
La crise est encore plus grave parce que les hôpitaux, les bâtiments du gouvernement, et le quartier général des Nations Unies sont détruits. Beaucoup de médecins et d'administrateurs nécessaires aux secours sont morts ou blessés.
Cange, à 100 kilomètres de l'épicentre, n'est pas touchée. L'Hôpital Bon Sauveur devient l'un des meilleurs hôpitaux encore debout dans le pays. Des réfugiés de la capitale arrivent en grand nombre, ainsi que des familles des habitants du village.
Cange répond à l'urgence. En février, le diocèse envoie une grande équipe chirurgicale qui travaille sans relâche pendant deux semaines. L'église est transformée en triage médical.
Une nouvelle catastrophe arrive : une épidémie de choléra dans la vallée de l'Artibonite, qui se propage vers la capitale.
Malgré la position de Cange près de l'épicentre de l'épidémie, aucun cas de choléra n'a été contracté à l'intérieur du système d'eau du village !
L'hôpital traite quand même des centaines de cas venus des environs.
Élèves dans une salle de classeUne jeune élève à l'école de Cange
VIII
Cange après le séisme
Une décennie de transition
2010 → aujourd'hui
La messe à CangeDr. Reg Booker (EDUSC) examinant un patient
L'impact du séisme sur Cange est énorme et dure une décennie. C'est une période de transition difficile.
Partners in Health prend en charge un nouvel hôpital universitaire à Mirebalais. Cela fragilise leur soutien à Cange, surtout pour l'école.
Le village change aussi politiquement. Beaucoup de réfugiés de la capitale s'y installent définitivement parce qu'ils n'ont nulle part d'autre où aller.
Le diocèse répond une fois de plus. Le nouvel évêque Andrew Waldo, consacré en mai 2010 (seulement quatre mois après le séisme), lance une nouvelle campagne pour garder l'école ouverte et payer les salaires pendant quatre ans. Les étudiants et ingénieurs de Clemson continuent d'entretenir et améliorer l'eau potable et l'infrastructure.
Madame Yolande Lafontant meurt en été 2010. Le Père Lafontant prend sa retraite cinq ans plus tard, à 88 ans. Plusieurs prêtres intérimaires se succèdent — il est très difficile de remplacer le Père Lafontant.
Avec l'ouverture du nouvel hôpital à Mirebalais, l'Hôpital Bon Sauveur devient moins occupé. La mission médicale du diocèse change : elle se concentre maintenant sur les soins primaires dans les villages plus éloignés, avec des agents de santé communautaires.
Marie Flore, la fille du Père Lafontant, lance Summits Education, basée à Calusa, près de l'école professionnelle de Corporant. L'école professionnelle se concentre maintenant sur l'agriculture et la sécurité alimentaire. Partners in Agriculture devient une organisation indépendante de Partners in Health.
Aujourd'hui, le diocèse continue son travail dans 4 domaines
Infrastructure de santé publique : entretien du système d'eau et accès à l'eau potable dans les villages voisins
Soins médicaux primaires : avec des agents de santé communautaires dans les villages éloignés
Bourses scolaires : du primaire à l'université pour les étudiants de Cange
Partenariats avec Partners in Health, Partners in Agriculture, le CFFL, Partners in Literacy, et Summits Education
À toi de jouer · Chasse aux actions
Quelles actions a fait le diocèse à Cange ?
Pour bien comprendre cette mission de 40 ans, il faut identifier les actions concrètes prises par le diocèse. Tu vas faire deux activités. La première classe les actions par domaine. La deuxième lie chaque problème à sa solution.
Activité 1 · Catégorisation
Classer les actions par domaine
Pour chaque action, choisis le domaine correct dans le menu déroulant. Cinq domaines sont possibles. Quand tu as fini, clique sur « Vérifier ».
0 / 18
Santé
Éducation
Eau & Infrastructure
Agriculture & Économie
Secours d'urgence
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Activité 2 · Cause → Action → Résultat
Lier les problèmes à leurs solutions
Pour chaque problème, retourne dans le texte et trouve l'action du diocèse, puis le résultat. Écris tes réponses dans tes propres mots. Tu peux cliquer sur « Voir le corrigé » pour comparer.
Problème
Action du diocèse
Résultat
« Agir dans le monde comme le Corps du Christ »
Pendant 40 ans, des milliers de vies haïtiennes ont été touchées par ce partenariat. La santé du corps, de l'esprit, et de la foi s'est améliorée. Sous la direction de trois évêques de la Caroline du Sud supérieure, le diocèse continue cet engagement. Et nous, qu'allons-nous faire avec cette histoire ?
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